Reportage
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Rédacteur : Hervé Girette
Photographe : Jean-Michel Roig
jeu, 04/03/2010 - 21:07Politique
mots: Caractères:
Bureaux de vote en effervescence à Lomé

Lomé ville fantôme, c'était hier le sentiment donné par la capitale du Togo, un pays qui relève économiquement la tête, depuis 2007 et la fin de l'embargo, puisque 3% de croissance sont attendus en 2010. Ville fantôme, dans la mesure où, pour éviter les déplacements massifs de population, la frontière avec le Ghana (située dans la banlieue de Lomé) et celle avec le Bénin, à soixante kilomètres plus au sud, étaient fermées depuis l'avant-veille, et jusqu'au 5 mars à minuit...
...Car pour côtoyer du monde, hier à Lomé, il fallait se rendre dans les écoles où étaient installés urnes et isoloirs. Du collège St Joseph, dans le quartier de Noukafou, à celui de Kodjoviakopé, en passant par Bè-gare, Abloganmé, La Poudrière, Bè-plage, ou encore l'école primaire catholique Notre-Dame des apôtres, dans le faubourg de Doulassamé, les files d'électeurs s'étaient formées dès les premières heures de la matinée, les bureaux de vote ouvrant leurs portes à 7h. Et comme la patience semble être une des qualités des Togolais, certains attendaient sans rechigner parfois plusieurs heures, avant de remplir leur devoir d'électeur...
...La veille, le secrétaire général de l'Union des Forces de Changement (UFC) et candidat du Front Républicain pour l'Alternance et le Changement (FRAC), avait été le seul des sept prétendants à ne pas avoir calmé le jeu, en passant une deuxième fois devant les responsables de la Mission d'observation de l'Union européenne. « Je ne suis pas responsable des éventuels troubles de l'ordre public qui pourraient marquer la proclamation des résultats », indiquait-il, alors que tous les autres insistaient plutôt sur l'appel au calme lancé à leurs partisans...
...Il faudra désormais patienter deux à trois jours, avant la proclamation officielle des résultats. Le temps de compter les bulletins, puis de les acheminer jusqu'au lieu de leur centralisation. Une chose, au moins, est sûre : l'UFC s'est attelée, depuis hier soir, à un comptage parallèle à celui de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), composée pour moitié de membres de la majorité, de l'autre issus de l'opposition. D'où les chiffres différents qui fleuriront dès aujourd'hui, alors qu'un sondage effectué la veille du scrutin par un journal... marocain, donnait 60% des voix à Faure Gnassingbé, contre 24% à Jean-Pierre Fabre, et 3,5% à Yawovi Agboyibo.
Une indication sérieuse, ou pas ?
